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Posté par Virginie Boisson

L’insertion par l’activité économique (IAE) continue de progresser

Auteur : ALAIN RUELLO (Les échos)

Apparu il y a 50 ans, ce dispositif de lutte contre le chômage employait plus de 130.000 personnes au 31 décembre dernier. Après un léger tassement, il est reparti à la hausse.

Peu connue du grand public, bien que constituant un dispositif efficace pour les exclus du marché du travail, l’insertion par l’activité économique (l’IAE) se porte (malheureusement) bien. C’est ce que montre une récente étude du ministère du Travail, qui fait état d’une hausse en 2016 de 3,4 % du nombre d’équivalent temps plein, à 73.900, dans les 3.736 structures qui composent ce secteur d’activité très particulier.

« Le nombre de chômeurs de longue durée augmente et celui des bénéficiaires du RSA, bien que stable, reste à un très haut niveau », confirme Michel Abhervé, professeur associé en économie sociale et politiques publiques à l’université de Paris-Est Marne-la-Vallée.

Hausse des embauches

Apparu au milieu des années 1960 sous la forme d’expérimentations, l’IAE permet de coupler mise en situation professionnelle et accompagnement social. Intervenue à la fin des années 1990, la reconnaissance juridique repose notamment sur des aides aux postes de l’Etat réparties entre quatre types de structures : Ateliers et chantiers d’insertion (ACI), Entreprises d’insertion (EI), Associations intermédiaires (AI) ou Entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI). Les métiers vont du nettoyage à l’aide à la personne en passant par l’entretien des espaces verts ou la construction.

Au total, le secteur de l’insertion par l’activité économique employait 132.200 personnes au 31 décembre 2016, un chiffre quasi stable, après sept années de hausse. Signe que le nombre d’exclus reste élevé, la légère érosion des nouveaux contrats signés l’année dernière semble n’avoir été que conjoncturelle : depuis janvier, les embauches ont fortement augmenté, de 7 %, 7,3 %, 11,8 % et 6,7 % dans les ACI, EI, AI et ETTI respectivement. Et la réduction drastique du nombre de contrats aidés ne touchera le secteur qu’à la marge car depuis la réforme de 2014, il ne fait plus appel quasi exclusivement qu’à d’autres formes d’engagements : CDD d’insertion, contrat d’usage ou de mission.

Bien vu du gouvernement

Malgré son peu d’appétit pour l’emploi subventionné, le gouvernement, d’ailleurs, voit l’IAE d’un bon oeil sans pour autant sombrer dans les largesses. Le projet de budget 2018 du ministère du Travail l’a doté de 840 millions d’euros, de quoi financer 71.000 équivalents temps plein. Soit 5.000 de plus que ce qui avait été prévu dans le budget 2017, même si, in fine, le nombre définitif devrait être supérieur. Et surtout près de 3.000 de moins qu’en 2016.

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